Chronique Silencieuse - Le Chasseur
Le souffle court, il fixait avec difficulté les inconnues qui lui avaient donné la chasse depuis plusieurs heures déjà. Ils portaient tous des tenues militaires sombres, un camouflage idéal pour la nuit.
La clairière était dégagée, seul le vent, par bourrasques, venait perturber le silence de cette confrontation, criant comme une bête à l'agonie. La pluie lui ruicelait sur son visage, son corps hurlait de douleur, n'étant pas habitué à un tel exercice.
Respiration difficile, ses poumons le brûlaient, il fallait qu'il trouve rapidement une solution, quoi que lui veulent ces types, cela ne devait en rien être amical. Il balaya autour de lui du regard, ils étaient tous prêts à bondir, une meute de loups affamés.
Le premier coup partit de sa droite, ses bons réflexes lui permirent d'esquiver, accompagnant le geste de son agresseur, il se saisit du bras de celui-ci et lui infligea une torsion qui émit un bruit sourd et cassant. Mais leur supériorité numérique allait rapidement le condamner à ce jeu-là, il continuait d'esquiver les autres coups, mais son corps faiblissait de plus en plus et bientôt il ne lui resterait même pas assez d'énergie pour tenir sur ses jambes. La rafale de coups continuait de pleuvoir, quand subitement plus rien. Il en profita pour chercher un maximum d'air et posa un genou au sol afin de récupérer un peu, exploitant se moment de répit jusqu'à sa dernière goutte.
Le vent soufflait toujours aussi fort, même s'il ne le sentait plus; la foudre martelait le ciel de son grondement dévastateur, pourtant il ne l'entendait plus; étrangement la zone semblait bien plus calme, bien plus apaisante que quelques minutes avant.
Son attention fut subitement attirée par la nouvelle présence qui se tenait devant lui, grande, bien bâtie, une tenue urbaine, elle le dévisageait, elle attendait.
Il ne savait plus quoi faire, la présence de ce nouvelle inconnu l'avait comme paralysé, son esprit refusant de répondre, c'est à ce moment précis que les loups reprirent leur attaque. Le premier réussit à lui porter un coup par surprise, mais il répondit avec une simple frappe sur la poitrine, son agresseur s'effondra dans un cri sourd des plus sinistres; le second voulut le frapper de dos, mais heureusement il réussit au dernier moment à faire face, attrapant son adversaire à la gorge, le broyant de toutes ses forces. Mais les quatre restants lui portèrent plusieurs coups avant qu'il ne les mette hors d'état, il était blessé à de multiples endroits, saignant légèrement à la tête.
La présence attendait toujours, elle n'avait pas bougé d'un pouce, mais il comprit subitement, quelque chose d'étrange animait cette silhouette, un frisson lui parcourut le dos, une sensation, un sentiment étouffant imprégnait maintenant la clairière.
Les choses changèrent radicalement, la silhouette leva une main et fit un petit geste, il sentit aussitôt que quelque chose n'allait plus, son corps était comme figé, tétanisé. Il chercha les dernière ressources dont il disposait, se concentrant, son esprit se mit à faire comme un mur, et d'un seul coup, ses muscles commencèrent de nouveau à répondre, mais c'était sans compter la présence de l'inconnu, qui en avait profité pour s'avancer vers lui, il chercha à se défendre, mais celui qu'il avait en face de lui semblait anticiper tous ses mouvements, toutes ses pensées, rien n'y faisait. Il sentit une vive douleur à la base de sa nuque, puis elle remonta rapidement, il eu comme une déchirure dans le crâne, puis il ressentit avec effroi une présence dans son esprit, quelque chose de méthodique, qui piquait endroit après endroit, mortifiant son corps jusqu'à le rendre inconscient.
Il s'écroula au bout de quelques secondes, l'inconnu se pencha sur lui et lui murmura un mot.
« Tu as bien résisté, mais l'heure est venue de rejoindre tes frères. »
Un navire cargo survola la clairière, venant se poser à quelques pas d'eux, une porte coulissa, laissant échapper une troupe d'une dizaine d'hommes, ainsi qu'un nouvelle inconnu qui vint se porter à hauteur du premier.
« Félicitations, tu as fait vite. »
« Il a du potentiel, mais physiquement il ne tiens pas, je doute qu'il nous soit utile. »
« Emmènee-le, et assure-toi qu'il adhère à notre groupe, dans le cas contraire fait ce qu'il faut pour qu'il ne soit pas un problème pour la suite. »
« Bien maître. »
Il ramassa le corps inerte et le traîna jusqu'au cargos, une nouvelle fois le Chasseur avait rapporté sa proie, les choses sérieuses allaient commencer d'ici quelques mois, et il lui restait tant d'éveillés à collecter pour qu'enfin l'âge de l'Hégémone débute.
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