Vendredi 3 juin 2005 5 03 /06 /Juin /2005 00:00

Chronique Silencieuse – L'impact

Le compteur affichait les dernières secondes qui défilaient à toute allure, les satellites finissaient de s'aligner, leurs panneaux d'énergie finissaient de se déployer, leur donnant un aspect sinistre de fossoyeur.

Plus que dix secondes.
Les rampes de tir commençaient à s'ouvrir, les ogives glissaient dans les tubes de lancement.

Neuf secondes.
Elles étaient maintenant armées, prêtes à descendre sur Terre faire leur office.

Huit secondes.
Derniers coups de rétro-fusée pour garder le bon cap.

Sept secondes.
Les ogives secondaires étaient entrées en activité.

Six secondes.
Allumage des missiles continentaux, les trappes des rampes de lancement finissaient de s'ouvrir.

Cinq secondes.
En dessous, la Terre tournait, toujours silencieuse, ne se doutant pas du cataclysme qui allait avoir lieu dans une poignée de secondes et durant les quarante-huit prochaines heures.

Quatre secondes.
Il sorti de sa méditation, la chambre était dans le noir, seule la luminosité terrestre irradiait encore dans la pièce.

Trois secondes.
Il se leva.

Deux secondes.
Posa les mains sur la grande vitre.

Une seconde.
« Seigneur, qu'ai-je fait ? »

Zéro.
Mise à feu, elles glissent, flottant dans l'espace, croisant vers la surface terrestre.



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Vendredi 3 juin 2005 5 03 /06 /Juin /2005 00:00
Chronique Silencieuse – Le Fléau

D'ici il avait une vue magnifique, jamais la Terre ne lui avait paru aussi belle, aussi bleue, aussi parfaite, la voir depuis l'espace changeait tout. Elle était là, sous ses yeux, tournant sur elle même, silencieuse, puissante, et pourtant, dans quelques heures elle serait à jamais changée.

Il s'avança vers la console de commande, inséra sa carte d'identification, tapa son code. Un léger temps de chargement du système informatique lui accorda un instant supplémentaire pour la contempler une dernière fois, pour garder un dernier souvenir de ce qu'elle fut avant eux.

Le système d'armement de la console se vérrouilla, il tapa le second code secret, prononça la phrase d'ouverture et attendit que les satellites se mettent en place; ce regard continuait de l'observer, elle, celle qui lui avait donné le jour.

Tout était enfin prêt, encore quelques heures à attendre, il se dirigea vers son espace de vie, là-bas, la grande baie vitrée qui décorait sa chambre lui offrirait l'ultime représentation de l'humanité. Il était conscient qu'après ce jour, sa vie ne serait jamais plus la même, le doute et le remord commençaient déjà à se manifester en lui, la paix qu'il avait tant espéré trouver, l'avait déjà abandonné, si elle ne l'avait jamais rejoint.

Il passa la porte de sa chambre, un silence ténébreux y régnait, il lâcha un mot de commande et une lumière tamisée fit son apparition. Il se dirigea vers son lit, s'installa dessus, face au murs vitré, un spectacle grandiose s'offrait à lui : la Terre.

Ses yeux se fermèrent, il se plongea dans une grande méditation.

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Mardi 31 mai 2005 2 31 /05 /Mai /2005 00:00

Chronique Silencieuse - Le Chasseur

Le souffle court, il fixait avec difficulté les inconnues qui lui avaient donné la chasse depuis plusieurs heures déjà. Ils portaient tous des tenues militaires sombres, un camouflage idéal pour la nuit.

La clairière était dégagée, seul le vent, par bourrasques, venait perturber le silence de cette confrontation, criant comme une bête à l'agonie. La pluie lui ruicelait sur son visage, son corps hurlait de douleur, n'étant pas habitué à un tel exercice.

Respiration difficile, ses poumons le brûlaient, il fallait qu'il trouve rapidement une solution, quoi que lui veulent ces types, cela ne devait en rien être amical. Il balaya autour de lui du regard, ils étaient tous prêts à bondir, une meute de loups affamés.

Le premier coup partit de sa droite, ses bons réflexes lui permirent d'esquiver, accompagnant le geste de son agresseur, il se saisit du bras de celui-ci et lui infligea une torsion qui émit un bruit sourd et cassant. Mais leur supériorité numérique allait rapidement le condamner à ce jeu-là, il continuait d'esquiver les autres coups, mais son corps faiblissait de plus en plus et bientôt il ne lui resterait même pas assez d'énergie pour tenir sur ses jambes. La rafale de coups continuait de pleuvoir, quand subitement plus rien. Il en profita pour chercher un maximum d'air et posa un genou au sol afin de récupérer un peu, exploitant se moment de répit jusqu'à sa dernière goutte.

Le vent soufflait toujours aussi fort, même s'il ne le sentait plus; la foudre martelait le ciel de son grondement dévastateur, pourtant il ne l'entendait plus; étrangement la zone semblait bien plus calme, bien plus apaisante que quelques minutes avant.

Son attention fut subitement attirée par la nouvelle présence qui se tenait devant lui, grande, bien bâtie, une tenue urbaine, elle le dévisageait, elle attendait.

Il ne savait plus quoi faire, la présence de ce nouvelle inconnu l'avait comme paralysé, son esprit refusant de répondre, c'est à ce moment précis que les loups reprirent leur attaque. Le premier réussit à lui porter un coup par surprise, mais il répondit avec une simple frappe sur la poitrine, son agresseur s'effondra dans un cri sourd des plus sinistres; le second voulut le frapper de dos, mais heureusement il réussit au dernier moment à faire face, attrapant son adversaire à la gorge, le broyant de toutes ses forces. Mais les quatre restants lui portèrent plusieurs coups avant qu'il ne les mette hors d'état, il était blessé à de multiples endroits, saignant légèrement à la tête.

La présence attendait toujours, elle n'avait pas bougé d'un pouce, mais il comprit subitement, quelque chose d'étrange animait cette silhouette, un frisson lui parcourut le dos, une sensation, un sentiment étouffant imprégnait maintenant la clairière.

Les choses changèrent radicalement, la silhouette leva une main et fit un petit geste, il sentit aussitôt que quelque chose n'allait plus, son corps était comme figé, tétanisé. Il chercha les dernière ressources dont il disposait, se concentrant, son esprit se mit à faire comme un mur, et d'un seul coup, ses muscles commencèrent de nouveau à répondre, mais c'était sans compter la présence de l'inconnu, qui en avait profité pour s'avancer vers lui, il chercha à se défendre, mais celui qu'il avait en face de lui semblait anticiper tous ses mouvements, toutes ses pensées, rien n'y faisait. Il sentit une vive douleur à la base de sa nuque, puis elle remonta rapidement, il eu comme une déchirure dans le crâne, puis il ressentit avec effroi une présence dans son esprit, quelque chose de méthodique, qui piquait endroit après endroit, mortifiant son corps jusqu'à le rendre inconscient.

Il s'écroula au bout de quelques secondes, l'inconnu se pencha sur lui et lui murmura un mot.

« Tu as bien résisté, mais l'heure est venue de rejoindre tes frères. »

Un navire cargo survola la clairière, venant se poser à quelques pas d'eux, une porte coulissa, laissant échapper une troupe d'une dizaine d'hommes, ainsi qu'un nouvelle inconnu qui vint se porter à hauteur du premier.

« Félicitations, tu as fait vite. »

« Il a du potentiel, mais physiquement il ne tiens pas, je doute qu'il nous soit utile. »

« Emmènee-le, et assure-toi qu'il adhère à notre groupe, dans le cas contraire fait ce qu'il faut pour qu'il ne soit pas un problème pour la suite. »

« Bien maître. »

Il ramassa le corps inerte et le traîna jusqu'au cargos, une nouvelle fois le Chasseur avait rapporté sa proie, les choses sérieuses allaient commencer d'ici quelques mois, et il lui restait tant d'éveillés à collecter pour qu'enfin l'âge de l'Hégémone débute.

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Jeudi 26 mai 2005 4 26 /05 /Mai /2005 00:00

Chronique Silencieuse - La créatrice

La nuit était déjà bien avancée, elle restait souvent seule dans son cabinet, consultant les résultats des derniers travaux. Une fois encore, elle put constater l'efficacité de son groupement scientifique, le projet disposait déjà de seize semaines d'avance sur le calendrier prévu, un véritable tour de force.

Depuis quatre ans maintenant, elle dirigeait le groupement scientifique Egenia, quatre mille chercheurs en génie génétique, biochimie et autres dérivés, l'élite de l'empire.

Dans quelques jours, elle serait en mesure de présenter les premiers résultats, et ainsi faire taire les quatre Conciles qui dénoncent les sommes astronomiques que consomme son équipe. Bientôt, elle irait voir l'Empereur pour lui montrer la nouvelle génération d'être vivant, une nouvelle espèce humaine, capable de survivre en milieu hostile, capable de vivre au-delà du berceau de l'humanité qu'est la Terre.

Elle posa le dossier qu'elle avait en main sur son bureau, remit ses cheveux en place, se leva, regarda rapidement son visage défait par le manque de sommeil, et se dirigea vers la porte de son cabinet. La porte refusait de s'ouvrir, elle força le passage de sa carte d'identification, rien, elle enfonça la touche appel de son bracelet-com et demanda à la sécurité de venir ouvrir cette maudite porte.

Quelques secondes s'étaient déjà écoulé et personne ne semblait vouloir venir lui ouvrir, elle voulut faire un nouvel essai, mais les vitres du cabinet volèrent en éclats au même instant, des poussières de verre brisé déchirèrent sa chair un peu partout, elle s'effondra au sol dans un léger cri.

Étrangement, elle remarqua que l'explosion n'avait émit aucun bruit, que les cris qu'elle poussait à présent ne libéraient aucun son. Elle chercha du regard quelque chose qui pourrait faire office de compresse pour arrêter les saignements, mais se cabinet était tout sauf une infirmerie, il lui fallait des soins, et rapidement.

Sa vision commençait à se troubler, mais elle distingua un groupe de formes qui venaient de se présenter aux fenêtres détruites, des tenues nocturnes, des militaires pensa-t-elle, mais pourquoi cette attaque ? Sa vue devenait de moins en moins claire, les formes se rapprochèrent d'elle, l'une d'entre elle sortit quelque chose d'une trousse, une autre semblait vouloir lui dire un mot, mais elle n'entendait rien.

Elle eu un dernier sursaut de lucidité lorsque la forme à la trousse lui injecta le contenu d'une seringue dans le bras, un instant qui lui permit d'entendre un bref morceau de ce que lui disait l'un de ses agresseurs.

« Mère, il faut venir avec nous, rapidement, l'heure approche et vous n'êtes plus en sécurité ici, il nous faut rejoindre ... », elle sombra dans l'inconscience.

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Mardi 24 mai 2005 2 24 /05 /Mai /2005 00:00

Chronique Silencieuse - Le gardien

La situation était au bord de l'explosion, l'acte de barbarisme de l'ambassade avait mit le feu aux poudres. Les conseillers de l'empire faisaient tout leur possible pour calmer les forces en présence, le Concile du nord accusant celui du sud d'être à l'origine de cet acte de terrorisme.

Lui, était là, en observateur de l'Empereur, il ne disait rien, mais son esprit courrait de pensée en pensée, cherchant la marque de la tromperie dans l'un des deux camps. Mais jusqu'ici il n'avait rien trouvé, rien perçu d'équivalent à ce qu'il avait ressenti en allant sur le lieu propre du carnage. A l'ambassade, il avait perçu une sensation, une vibration résiduelle, proche de celle qu'il laissait lui même lorsqu'il utilisait son don.

Depuis le temps qu'il parcourait l'empire, il savait que d'autres personnes disposaient d'un potentiel, mais aucune jusqu'ici n'avaient exploité volontairement le don. Mais les choses venaient visiblement de changer, il ne savait pas pourquoi, mais il avait l'intime conviction qu'un autre porteur du don venait de s'éveiller, et celui-ci avait choisi une bien drôle de manière pour se manifester.

Et puis il y avait cette enfant, la petite fille retrouvée à côté du corps mort de l'Ambassadeur. Son interrogatoire n'avait rien donné, même lorsqu'il l'avait rencontrée, il n'avait rien perçu, elle semblait comme muette, son esprit semblait comme verrouillé, ne laissant transparaître aucune émotion, sensation, pensée. Il était allé la revoir plusieurs fois avant que ne se déroule ces négociations, et chaque fois elle l'avait salué par la même phrase, « Notre règne commence, et tu es le gardien du trône, prépare-toi à nous recevoir, mon frère ».

Son attention fut de nouveau attirée sur la réunion alors que les portes de la salle venaient de s'ouvrir, une délégation du Concile de l'est était entrée, à sa tête l'Ambassadeur M'Kolen et le Commandeur Tchuruk. Que pouvaient-ils bien venir faire ici ? Cette assemblée n'avait pas fait l'objet d'invitation au Concile de l'est, son regard croisa celui de Commandeur et l'espace d'un instant il crut y percevoir comme une présence qui sondait l'assistance, un seul nom était alors présent dans son esprit, Le Destructeur.

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